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cheers, butterfly. } ft. godfrey

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MessageSujet: cheers, butterfly. } ft. godfrey Jeu 6 Nov - 21:46


cheers, butterfly


miles to go before I sleep.



Dimanches étaient les journées de repos. Pour le Seigneur et pour ses clubs. Dimanches étaient l'avenue des délire pour les travaillant de la rue et les vendeurs de cocaïne dans les hôtel à cinq mille étoiles. Le ciel n'en avait plus; le QUEENS les lui avaient toutes volées.

Quelques voitures aimaient encore faire le bruit des klaxons en faisant rodéo sur des mains de saoulons imprudents. Las Vegas est magique, vraiment. Mais Cornelius faisait tout pour ne pas les entendre. Assis sur le lit de sa chambre muette, il roulait un joint comme méditation avant la fête. Cela faisait combien de siècle qu'il n'avait pas foulé la piste des raves sans billet de banque dans l'œil ou tracas dans la gorge? C'était ce soir, apparemment. Et qu'importe ce que l'avenir lui donnerait, il épuiserait chaque muscle de son corps jusqu'à la fin des temps. De la nuit.

Vingt-deux heures pile. Le jeune homme rangea son trésor blanc derrière son oreille, comme s'il s'agissait d'un crayon qui allait rédiger l'introduction à une soirée rêvée, et il se dirigea vers son garde-robe. Là, on trouvait des serviettes blanches qui portaient le nom de l'hôtel, des vêtements rangés avec le plus grand des soins, des échantillons de savons et un coffre-fort possédant un cadenas à à clef. Qu'il ouvrit de go.

Tout ce que l'on nomme de drogues se trouvait à profusion dans cet énorme coffre. Autant laisser votre imagination bercer les substances; les énumérer serait trop long. Et juste à côté, contre la parois et les grammes de marijuana, trois briques de sciences portant des nom de cours que les plus cancres ne voient qu'en cauchemar. Il les souleva pour dévoiler un sous-compartiment au coffre qui avaient en son estomac une réserve d'une dizaine de milliers de dollars. Pas tout à lui, bien sûre. La plupart des billets finiraient dans les poches de ceux qui lui revendrait de la drogue la semaine d'après. Mais valait mieux ne pas ouvrir les compte bancaire. On est jamais trop prudent, pensait-il. Cornelius pris quelques centaines de balles, rangea les cocottes qu'il avait exploitées pour sa gâterie et referma le tout.


Je soupire et je me demande qu'est-ce que je fous là. Okay, mon cousin m'avait conseillé de profiter un peu. Profiter. J'ai l'impression que ce mot là est une merde sur ma langue. J'ai pas du tout envie de sortir de ma chambre... Mais aller goûter un peu à l'ambiance du club pourrait pas me faire de mal après tout. Je peux quand même pas passer mes temps libres à écouter de la musique, réviser mes sciences et broyer du noir... C'est un cercle vicieux, merde. Comment j'pourrais faire autrement que de broyer du noir si je reste ici à rien foutre?! Okay. J'y vais. C'est tout. Y'a rien qui peut m'en empêcher de toute faç

Quatre coups à la porte. Cornelius sursaute. Stupidement. Qui venaient cogner à sa porte de chambre? Ceux qui avaient d'assez bons contacts pour avoir le numéro de sa chambre et qui étaient vraiment en manque. Il enfila un chandail en clamant qu'il répondrait sous peu. Puis il se jeta sur le judas et regarda la silhouette filiforme que l'œil lui donnait.

Reconnaissait-il le garçon au bas de sa porte? Oui. On ne rate pas les clients habituelle du QUEENS quand on est du genre, comme Cornelius, à y passer des nuits entière. Et on n'oublie certainement pas les plus jolis minois; c'est tout naturel, non?

Alors le tatoué ouvrit la porte de quelques pouces tout au plus et offrit un sourire à la fois désolé et bien trop désabusé au jeune homme si pâle qu'il en donnait des fantômes et des beautés.


_J'suis désolé, mec. Je vends pas les dimanches et surtout pas ici. Repasse demain dans la ruelle si tu veux ton stock.

Je sais pas pourquoi je lui ai ouvert, en fait. J'aurais tout simplement put lui laisser la porte au nez. Mais non. Je me dis que les soirées à pétillant ne commencent pas avec de telles dérisions. Et puis, qu'est-ce que cet homme coûte à se faire connaître?

Puis je me dis que si rien d'extraordinaire ne se produit, j'attendrai qu'il ouvre la bouche avant de foutre le camp et me saouler la gueule pour tout oublier ce que ma vie devient.



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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Ven 7 Nov - 1:38


Did you hear me, Butterfly? The woods are lovely, dark, and deep


Musique thème :: Feathers - Man Man

Il est tard. Je viens de me réveiller. J'ai aucune idée de quel foutu jour on peut bien être. Je sens du mouvement à côté de moi. Je me retourne sur mon matelas au couvre-lit beaucoup trop cher pour les activités sales et sauvages qui s'y serpentent presque à chaque nuit, j'aperçois une longue toison d'ébène accrochée à un buste ostentatoire et un minois à la Audrey Hepburn, doux mais aguicheur. Comme tous les autres avant elle.

J'arrache la couverture de mon corps et m'assois mollement sur le lit, la tête entre mes mains. Quelqu'un s'amuse à exploser des feux d'artifices dans celle-ci. Je crois connaître les coupables, ce sont toujours les mêmes. Audrey Hepburn lâche un soupir en s'étirant, elle passe une main paresseuse sur mon dos. Je secoue sa main loin de moi comme on secoue un frisson en se remémorant un mauvais souvenir, puis me lève pour la salle de bain. Mon tiroir de guerre est vide. Plus rien, pas un seul petit sac pour remédier à ce maux de tête horrible. Une aspirine aurait jouer le tour, mais vraiment, où est le plaisir là-dedans ? Le plaisir est là où l'on veut bien qu'il soit, et moi je veux qu'il soit synthétiser dans ma boîte crânienne.

Des pas dans l'autre pièce me ramène au présent pour me rappeler qu'il est près de 10:00 et que je suis encore sobre. La fille est en train de se rhabiller, je suis toujours nu. Elle me dit qu'elle a passé une délicieuse soirée, pendant que j'allume un bâton cancéreux. Pourquoi doit-elle me le rappeler ? Je reste là à la fixer, et elle ne comprends pas. Bla bla bla bla, les gens parlent pour ne rien dire afin de combler le silence lourd qui résonne dans leur monotone existence. Je crache une bouffée de fumée et lui dit ce qu'elle veut entendre, des mensonges. Elle part, je suis seul.

Je lave les traces d'amour d'hier et me prépare pour aller au club des clubs, le QUEENS, comme d'habitude. Cependant, il me manque quelque chose, et je sais exactement à quelle porte frapper. Le motel du QUEENS. Je vous le dis, les trucs que ce gars vendent m'envoient dans une autre dimension. Je ne le connais pas vraiment, aucune information sur lui.  Je sais, cependant, que ce soir, il me vendra le pays des merveilles.

Je m'y rends le temps de le dire, à pied. Mon poing cogne à sa porte, et un, et deux, et trois, et quatre. J'entends du bruit à l'intérieur : «J'arrive, une minute!», dit-il, je présume. Après un moment, un visage basané relié à des émeraudes expressifs apparaît dans la mince ouverture de la porte :«J'suis désolé, mec. Je vends pas les dimanches et surtout pas ici. Repasse demain dans la ruelle si tu veux ton stock.»

Et, moi de rétorquer : « Si vraiment tu ne vends pas les dimanches, pourquoi t'es venu m'ouvrir ?», en laissant échapper un demi-sourire qui se voulait innocent. Je vois une légère surprise sur son visage, non, plus une question. Se demande-t-il la même chose ? Pourquoi est-il venu m'ouvrir ? Je rencontre de nouveau ses yeux. Je surenchéris : «Alors, tu m'invites à prendre le thé? Une affaire de quelques minutes.» Je peux presque goûter la résignation sur ses traits. Je hausse les sourcils en signe de question.


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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Ven 7 Nov - 12:52


cheers, butterfly





and i have promises to keep.



Il m'a eut. Il m'a creusé d'un seul dialogue jusque dans l'aorte. Pourquoi? Cette question me roule la langue trois mille fois avant que je n'eus même le temps d'ouvrir la gueule. Il me la close à jamais. Ou un truc du genre. Et je ne sais pas trop si je devrais aimer ce mec ou me morfondre dans mes désillusions. Pourquoi je lui ai ouvert la porte? Est-ce que je devrais lui dire que c'est parce que ma cervelle en a marre de se transformer en compote et que, à l'instant, j'aurais ouvert la porte à un flic de la D.E.A. pour pas voir le temps se suicider sur les papier peint de ma chambre? Tout. Tout et n'importe quoi pour me sortir de ma tête. Et je crois qu'il adonne que le mec qui est venu me quêter du thé est justement la dose qu'il me faut.

Cornelius se lécha les lèvres. Mitigé entre le coup de tête de s'entraîner dans l'imaginaire junky Carroll devant lui ou bien de craindre comme la mauviette qu'il pouvait être de regretter quelques larmes sur la piste de danse. Étant ce qu'il était, c'est à dire tout sauf peureux, la première option lui sauta au visage. The Cobalt ferma la porte de son appartement à la truffe du jeune homme.

C'est en vitesse qu'il éplucha son garde robe, une veste à la fois, avant de trouver un léger manteau de cuir. Son coffre à trésor fut ouvert en moins de deux et il en extirpa un petit sac de plastique contenant deux rebelles pilules roses à l'effigie du dragon de South Park; on avait l'intérêt des drogues qu'on se faisait vendre... Le tout fut fourré dans sa poche.

Pas plus de trente secondes s'étaient écoulées. Cornelius ouvrit la porte de sa chambre, en ressortit en vitesse, et la barra jalousement derrière lui. Puis il prit la marche la plus certaine qu'il pouvait emprunter aux audits juridiques en enfilant son veston lourd. De ce fait, il lança d'un ton aussi amicale que décisif:


_Viens, mon p'tit lièvre de Mars. J'ai bien mieux que tu thé pour toi.

De quoi inviter ce mec avec ce surnom; si rachitique, mignon et audacieux qu'il aurait porté les oreilles de noisette avec perfection. Il aimait le thé? Bien certainement que j'ai mieux que tu thé. Pour ne pas dire que j'ai la meilleure ectasie du village dans mon coat.

La sortie s'approchait d'eux à la vitesse exponentielles des quatre pas ambulants. Cornelius piqua, de l'arrière de son oreille, ce joint qui lui faisait agréable monture et l'alluma d'un briquet savamment extirpé d'une poche de denim quelconque. Il glissa la délicieuse sur le bout de ses lèvres et en fit la flamme pour emboucaner de la bonne manière cette soirée qui s'annonçait non décevante. Ni incroyable. Elle ne s'annonçait pas; elle était complètement imprévisible.

Je tire une bouffée qui me brûle les poumons et leurs entrailles et qui effleure mes narines avec la délicatesse la plus meurtrière qui soit. Et je tends l'irrésistible toujours fumante à mon nouveau compagnon de soirée. Puis à le regarder, en marchant vers la sortie de l'hôtel et lui tendre le calumet du bout des ongles, je me demande bien franchement si ce n'est pas de la manipulation émotive que je lui fais là. Qui dit qu'il a envie de s'éclater en boîte? Je l'ai décidé, apparemment. Et il devra m'accompagner pour avoir son pain. Charmant de ma part. Mais à ce stade, il est trop tard pour ne pas s'en foutre.

Et je me claire l'esprit ce soir. D'outre mesure, je me dis que s'il ne veut pas faire la fête, il n'aura qu'à m'acheter mon stock et foutre le camp. L'histoire égorgerait des sanglots.



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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Sam 8 Nov - 0:32


alcohol is just a lubricant for all the individual encounters


Musique thème :: Hold Tight - Dave Dee, Dozy, Beaky, Mick & Tich

Il reste là à me fixer, pendant une éternité. Quelque chose passe à toute vitesse dans ses yeux, il humecte ses lèvres. Sans crier gare, la porte se ferme sur mon nez. Ai-je mal lu ses intentions ? Je soupire, et commence déjà à chercher un plan B en tournant les talons. J'ai à peine descendu les marches menant au jardin d'Éden que j'entends une porte claquée derrière moi. Et voilà mon sauveur aux yeux claires qui me rattrape, il lance :

Viens, mon p'tit lièvre de Mars. J'ai bien mieux que du thé pour toi.

Vous vous rappelez des gens qui parlent pour ne rien dire ?

Après toi, mon capitaine, je réponds.

Ce mec a quelque chose à dire.

Je le suis sans poser de question. Il flotte devant moi, et je le suis, il porte mon salut avec lui en son sein. Je le vois sortir un lapin de son chapeau. Il l'allume, la fumée ennuage ma vision et je marche dans la brume. Je l'observe, il enferme le bout du cadeau blanc entre ses lèvres et il tire. Beau regard me passe le joint, et c'est la promesse de quelque chose de plus grand.

Je tire à mon tour. Merde. La fumée meurtrit mon corps et me berce l'esprit. Ça goûte une chanson de Pink Floyd, ça me rappel la chaleur d'un été, c'est la crème la plus douce qui soit. Ouais, c'est le meilleur. On continue vers notre sortie, et mon compagnon improvisé semble soucieux. Je regarde mon environnement, et comment n'ai-je pas pu remarqué ? Il m'amène au QUEENS. Je tire une seconde fois et le nirvana m'assomme à nouveau. Nous arrivons finalement à l'entrée et à la file interminable de prolétaires venus oublier pour quelques heures. Je réajuste mon imper. Il veut faire la fête ? Il commence son quart de travail ? Étrange comment la jouissance coupable de un est le labeur de l'autre.

Je me retourne vers lui et ma main offre le joint à son propriétaire légitime. Il l'éteint et le range dans sa boîte de Pandore. On passe la file, je fais un mouvement de tête à la brute qui garde l'établissement des prépubères et lui glisse un billet de Benjamin. Une fois à l'intérieur, je me force devant l'homme à mes côtés et j'ouvre la bouche :

Alors ?

Show time.

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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Sam 8 Nov - 17:58


cheers, butterfly





the end of the poem.



Une fois que la file d'attente se dresse devant nous, l'air semble déjà plus pure. Mes pupilles boivent déjà plus de rayons. Et la musique sur l'échos lointain goûte déjà meilleure. Les gens sont sur des épaisseurs et des dollars d'apparence finement soignée, et il n'y a que le temps qui fait la barrière entre l'extase des blanches nuits et nos pieds encrés dans le sol.

Mon petit lièvre de Mars n'a pas la patience de Jupiter. Il double chacun des clients en salle d'attente et va donner un baiser de papier au garde de sécurité qui ne le rencontre pas pour la première fois, visiblement. Je ne lui suis pas inconnu non plus. Lui et moi avons une belle et durable relation: parfois il me sort du club avec des sermons en sachant très bien qu'il ne pourrait m'interdire d'y remettre les pieds. On a chacun notre travail, non? Pour la peine, il me fouille et me laisse faire sans rouspété comme le garçon à la perruque blonde platine qui sera prochain à entrer dans la danse dès qu'une place se sera libérée. Je suis mon nouveau compagnon après avoir offert un sourire radieux au gorille, à peine effronté, qui me répond d'un étirement de lèvre désabusé. Il a le vomit sur la langue, j'aurais parié.

Cornelius entre dans la place et sens le noir de ses yeux se dilater comme il a déjà fait un bon nombre de souvenirs précédents. Devant lui, le jeune homme dont il ne connait toujours pas le nom avance au rythme des lumières incandescentes. Passés les vestiaires et la cacophonie des payeurs, le brunet se tourne vers The Cobalt et lui demande la question à laquelle il ne s'attendait pas. Les yeux du dealer fouinent autour d'eux les trésors à dévoiler. Et enfin, il se penche vers son compagnon, légèrement, un sourire cassé aux lèvres qui veut tout dire.

_Ça t'es déjà arrivé de vouloir... t'enfuir? Juste courir loin, loin de tout ce que tu vis? Te ramasser au bout du monde sans te soucier de ce qui t'arriveras après?

Qui veut tout dire.

_Alors? Alors c'est ce que je vais faire ce soir. À toi de me suivre ou pas dans dans le terrier.

Clin d'œil et sourire alléché. Puis Cornelius sur les nuages dans la foule qui débuta par des cris de fous; le DJ venait d'éteindre la musique le temps d'une seconde ou trois. Et il se dirigea vers le bar à la seconde près avant même de penser renifler la piste de danse. Le barman l'aperçu et lui fit sourire à la coquinerie. C'était un individu qu'il connaissait tout aussi bien que le balèze de l'entrée principale. Mais celui-ci, contrairement à l'autre, savait que Cornelius donnait de bons pourboires. L'assoiffé se pencha à l'oreille du serveur tout ouïe et lui dicta sagement:

_Dix shooters d'Absolut Citron je te prie.

_Comme si c'était fait, mon chou.

Avec des clichés dans les yeux. Je laisse une liasse qui dénombre vingt dollars, sinon plus, dans les poches du coquin qui agit comme le parfait heureux des employés. Et pour lui avoir vendu des anti-dépressif quelques fois, je sais qu'il est le meilleur des comédien une fois le soleil endormi.

Et puis j'espère à cet instant, de tout cœur, que mon lièvre de Mars va me rejoindre. Parce que dix gorgées à moi seul promettent une fuite de la réalité bien plus violente que je ne pourrais le croire.



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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Sam 8 Nov - 20:02


Is he willing ? Can he play?


Musique thème :: Pass This On - The Knife

Beau regard se penche vers moi et m'offre un rictus artificiel que je connais très bien, il me réponds :

- Ça t'es déjà arrivé de vouloir... t'enfuir? Juste courir loin, loin de tout ce que tu vis? Te ramasser au bout du monde sans te soucier de ce qui t'arriveras après?

J'essaie de me contenir, mes yeux s'écarquillent. J'ai été frappé par un train, un train en cuir. Mon cœur s'emballe et j'ai les mains moites. Qu'est-ce que je réponds ? La vulnérabilité, la vérité accablante dissimulée dans ses mots me déchire l'estomac.

- Alors? Alors c'est ce que je vais faire ce soir. À toi de me suivre ou pas dans dans le terrier, ajoute-il, en me jetant une œillade.

Il n'attend pas ma réponse, je n'aurai pas pu lui en offrir une de toute manière. Mon corps est cloué sur place et je fixe le mur. Les âmes assoiffées d'ambroisie et de chair passent devant moi, sans me remarquer. Ce chat basané pourrait-il être celui qui me montre quel chemin prendre ? Oui, non ? Non, oui. Je suis Judas qui me trahit. J'extirpe ma tête de l'eau et j'aperçois une des habituées du club, elle me pose un question silencieuse. Mon bras se meut seul, je lui fais un signe, et lui montre toutes mes rangées de dents dans un sourire éclatant d'illusions, elle est apaisée. Va te faire foutre.

En tournant la tête, je distingue le lapin blanc au bar en train de commander. Mes jambes prennent le contrôle et j'avance vers lui sans réfléchir. Je ne peux pas secouer le sentiment que je suis en train de faire la plus sincère connerie de ma vie, et, pourtant, je me rapproche. J'arrive. Une file de shooters est devant lui, implorant d'être bue. Y en-a-t-il un pour moi ? Veut-il partager ? Suis-je prêt à partager ? Je m'appuie paresseusement contre le bar, j'accroche son regard, je passe une main dans mes cheveux humide et je lui demande :

- Dis-moi, où est-ce qu'on s'enfuit ce soir ?

Et, à ce moment, je jure, j'aurais laissé cet homme tiré une pomme sur ma tête.

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Dernière édition par Sawyer Godfrey le Mer 7 Jan - 17:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Dim 9 Nov - 15:45


cheers, butterfly





the drowning.



La lourdeur de deux coudes paresseux et funambules prirent équilibre à côté de Cornelius. Il le regarda en coin, ce lièvre de Mars qui n'avait trop de mauvaises intentions à venir lui piquer un peu de compagnie et de verres. D'ailleurs, le dealer les lui aurait tous offerts. Ses yeux prirent la puissance des étincelles par temps de stroboscopes pluvieux, le fond de sa poitrine chatouillait le bonheur d'avoir fait rencontre si affable et sporadique à la fois. Sporadique était le nouveau nom de famille que Cornelius avait donné à son nouvel ami. Ce même maigrichon à l'adorable pomme d'Adam, à la truffe à croquer et à l'œil qui écrase les armées de plomb. The Cobalt l'imagina en complet veston et il trouva cela merveilleux.

Cornelius tire le lièvre de Mars par la cravate qu'il n'a pas et pousse cinq shooter vers ses lèvres, sur le bar mouillé jusqu'à la fin des temps et sans autres possibilités. Parce que les comptoirs de bar sont toujours mouillés. Ou est-ce qu'on s'enfuit ce soir? La question est excellente. Le plus loin possible. Je me tire de ma vie ou je me tire une balle. Je le force carrément à prendre l'un des verres de nain et saisis le mien, le portant à la hauteur de mon visage. Par dessus les hurlements de la musique, qui devient folle et insensée comme nous l'aimons, je beugle:

_Au pays des merveilles, qu'en dis-tu?

Je trinque et fait cul-sec du citron qui ne goûte que l'alcool pure.

Les minutes et les breuvages s'enfilèrent. Cornelius n'avait besoin que de quelques convictions pour se faire décoller, et il n'avait besoin de savoir le nom de son partenaire pour le faire danser. La cervelle qui tournait en son crâne lui avait donné raison de tirer son lièvre de Mars par la manche pour l'amener à s'engloutir avec lui dans le ras de marrée de prostitués des musiques modernes.

J'entraîne le junky avec moi dans le milieu complet de la piste de danse, où nous serons perdu et loin de toutes sorties. Où il serait impossible que de voir la musique et les clameurs. Je me sens planer sans réserve et imbibe mes pores de tout ce que l'alcool peut me donner à ressentir. Je bouscule les gens, ils nous bousculent. Il n'y a plus d'importance quand on tombe dans le terrier. Qu'est-ce que la chenille dirait...

Cornelius attendit d'être à l'abris des regards des serveurs et sécurités nuisibles pour sortir ce petit sac de plastique de sa poche. Son arôme n'existait pas mais lui chatouilla tout de même le museau. Autour d'eux, les magnifiques sautaient leur danse sur un seul et même rythme pour créer une vague perpétuelle autour du duo de protagonistes.

Le dealer donna une pilule en creux de main du pâlot et avala la seconde sans se soucier de reste du monde. Une. Deux. Trois bonds de lapin dans le temps. La tension artérielle augmenta. La mâchoire se tendit. Le rythme cardiaque augmenta. Et l'euphorie cracha.


Qu'est-ce qu'on est bien quand on est plus rien...




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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Lun 10 Nov - 11:47


Curiouser and curiouser


Musique thème :: In the Dark - Tiësto & Christian Burns


John Doe me rapproche de lui et balance un, deux, trois, quatre, cinq petits contenants remplis de liquide cristallin qui brillent sous les lumières stroboscopiques comme un carnaval de mon côté du bar. Il pousse un des poisons dans ma main et en prend un aussi. Je suis fébrile et mon être tressaille d'excitation. Ce n'est pas tous les jours que l'on fait d'aussi belle rencontre saugrenue. L'homme aux émeraudes lève son verre pour trinquer. Il sait exactement où est-ce qu'on fuit, ce soir :

- Au pays des merveilles, qu'en dis-tu?

Et, il jette le liquide dans son foie. Je fais de même et accueille avec allégresse la rivière de feu citronnée qui chatouille ma gorge et m'enveloppe dans ses bras comme la vieille amie qu'elle est, comme je l'aime.

Puis, le chapitre commence.

Les verres sont tous consommés, un après l'autre. Nous commandons le reste de la famille sans problème. Ensemble, nous avalons l'océan et poussière. Je ne connais pas cet homme, je ne sais pas d'où il vient, pourquoi il est là ni son nom. Pourtant, en ces moments de boissons peinturlurées et de sourires insouciants, il est Jules et moi Brutus. Mon baron romain m'entraîne sur la piste sans un mot. J'obtempère de tout cœur.

Les étoiles fluorescentes m'aveuglent et me montrent la voie. Les vibrations de la musique s'enrobent sensuellement autour de nos corps et jouent avec nous. Elle est la ventriloque et nous, ses marionnettes. Absolem sort discrètement un de ces petits sacs plastifiés qui détient nos laissez-passer pour la stratosphère. Maître chenille en sort deux petits joyaux ronds et m'en tend un. Je l'avale et deviens plus grand. Mes fonctions vitales s'accélèrent et un frisson de plaisir traverse ma moelle épinière pour aller griffer tous les nerfs de mon corps. Se sentir tout plein et tout vide à la fois. Je suis maintenant Roi Soleil et rien ne peut m'arrêter. Le carrousel, pourtant périclitant, me semble éternel. Les bras dans les airs et les pupilles détendues, le temps n'existe plus. C'est un état d'être hors du commun, c'est à se demander pourquoi les gens voient la drogue d'un mauvais œil. Parce que fuir ses problèmes ne règle rien, diraient-ils.

Ça règle tout, au contraire.

Mes pensées sont brutalement mises à mort lorsqu'un curieux personnage fait son entrée dans notre cercle, empestant le gin et le parfum bon marché. Cette demoiselle à queue trébuche et s'accroche à mon chandail. J'essaie de nous tenir en équilibre malgré qu'en ce moment je me rappelle à peine mon nom. Ce garçon aux talons pointus réussit tant bien que mal à articuler quelques mots de son jargon alcoolisé :

- Heyy, toi, ouais le brun, merde. T'as encore de ces petites pilules ? Putain, c'était d'la bombe, mec, faut tu m'en donnes d'autres, woah. Allez, je t'en pris, juste une quoi.

Je me retourne vers la Chenille et je concentre toute la lucidité qui me reste, puis je lui demande s'il connait cet ahuri qui se tient à peine debout.


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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Ven 14 Nov - 0:15


cheers, butterfly





the drowning.



Heures défilant comme des secondes crachées par Ignaz. Ma peau devient un liquide dont chacun des pore est la pétale ouverte à l'aurore des sensations. Je plane si haut que mes pieds ne veulent plus toucher le sol, et la musique me porte au grès de ses pulsation. Elle guide les battements de mon aorte. Tu me dis de m'envoler, mélodie sans queue ni tête? Alors donne-moi des ailes et je suis parti. Je trouve quelques rires dans ma gorge asséchée et me laisse emporter pendant des siècles sur cette piste de danse, entre un haut-parleur qui défonce mes tympans ainsi qu'un lièvre de Mars qui a soif pour tout le thé du monde. Comme moi. Sourire sur mes lèvres.

Qui cessa un peu trop drastiquement. Il y eut le cri de détresse et le chandail du pauvre rongeur était sur le point de déchirer à la poigne, sans plus dire, virile de l'alcoolique dérobant leur attention. Cornelius ouvrit les yeux et secoua sa tête agressivement pour remettre ses idées en place. Les formes autour de lui se mirent en place, tranquillement, les lumières tintèrent de l'aveuglé une seconde de moins et le visage de la jolie maquillée avec audace lui frappa au visage. The Cobalt l'attrapa s'esclaffant dans le vide en dessous du tintamarre du DJ et tâcha de la garder debout. C'est qu'elle avait la liasse très fastoche, et qu'elle était très bonne cliente.

_Nunu! Oh! Nunu! Merde... T'as foutu de l'alcool partout sur toi!

La dite Nunu - non de perruque qui resterait et ne s'en irait qu'une fois les cils décollés - se mit à rire dans le brouillard de ce qu'il restait d'elle. Cornelius fit regard autour à chercher ses compagnons, mais elle semblait seul. Puis il reporta son oeil sur elle, sur le Lièvre de Mars, sur elle encore... À être assez loin dans son esprit, il aurait juré avoir porté un regard sur lui-même aussi pour avoir bien dévisagé chacun des membres de la situation.

_Nunu... J'te présente... Hum...

Je porte un doigt en direction de mon nouveau compagnon et plisse le regard à essayer de me rappeler s'il m'a dit son nom. J'abandonne le projet. Bien trop exhaustif pour l'heure qu'il est. Puis je ne lui laisse pas le temps de répondre et hurle par dessus la musque:

_Je te présente le Lièvre de Mars. P'tit Lièvre, ça c'est Nunu.

Jamais le dilemme à savoir si l'idée était bonne ou pas traverse mon esprit. Je ne sais trop ce qu'il se passe, et comme si j'ai perdu un morceau du puzzle de ma mémoire, je me retrouve à l'extérieur de la piste de danse à traîner la blonde par la main. Ce qu'il y a dans ma tête: l'idée bien formelle d'aller à l'encontre de mes dimanches en congé et de me rendre à ma chambre pour nous faire avaler quelques miraculeuses médecines en capsule. À Nunu, moi et peut-être...

_Hey! Le Lièvre, tu viens?

Cornelius l'avait demandé avec l'enthousiasme et d'un enfant sur le point d'aller dévaler les attractions d'un parc d'amusement avec son meilleur copain. Le genre de chose qui soit difficile à refuser.

Le trio se retrouva à l'extérieur du club. Nunu beuglait une chanson qui n'avait aucun titre en titubant, à l'aide de Cornelius qui riait de bon cœur, jusqu'à l'hôtel.


_Tu sais j'te fait une fleur, hein, Nunu? D'hab' je sers jamais le dimanche... Tu sais...

Et elle répondit quelque chose qui ne se comprend pas et que le lecteur n'aurait, de toute façon, pas besoin de savoir. Ensemble, il escaladèrent les monts de marches et mirent pieds devant la chambre 1409 qui n'avait changé d'un poil depuis leur départ. Mis à part peut-être qu'elle oscillait d'elle-même comme les vagues de marrée-haute et portait les plus belles couleurs du monde, changeantes et dévorantes. The Cobalt commanda au Lièvre et à Nunu de les attendre et les laissa seul dans le corridor. Par précaution, le temps qu'il ait dévaliser son coffre-fort et boucle le tout avec la parcimonie d'un junky décollé. Il rouvrit la porte et quanta un:

_Entrez!

Sur le lit, un sac rempli de pilules roses et dans la stéréo, la neuvième symphonie al Fugue de Led Zeppelin. Il referma la porte derrière le tout, comme pour garder le plus gros des secrets en ces quatre murs.




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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Ven 14 Nov - 21:06


Why is a raven like a writing-desk ?


Musique thème :: Timetakesthetimetimetakes - PEDER

Il s'esclaffe de rire ivrogne.

- Nunu! Oh! Nunu! Merde... T'as foutu de l'alcool partout sur toi!

Apparemment, Absolem connaît la progéniture d'Hermès. Le dealer me pointe du doigt.

- Nunu... J'te présente... Hum...

Mon nouvel ami tente de me présenter à cette demoiselle à la toison scintillante. Je ne peux pas t'aider Beau regard, j'ai oublié mon nom, comme ma raison d'être ici.

- Je te présente le Lièvre de Mars. P'tit Lièvre, ça c'est Nunu. dit-il, finalement.

Le Lièvre de Mars ?

Pour une raison qui m'échappe, ça me fait rigoler comme un taré. Je le vois en train de quitter avec l'éphèbe tapageur.

- Hey! Le Lièvre, tu viens?

Avec un travesti coloré et un dealer de drogue inconnu ? Jusqu'au bout du monde. Je fais un sourire fendu jusqu'aux oreilles qui rejoint mes yeux et m'empresse de les rejoindre. On se retrouve à l'extérieur, sur le chemin du jardin d'Éden. Une fois arrivé, le dealer nous laisse, la dénommée Nunu et moi dans le corridor de son temple. Je n'ai pas le temps de converser la demoiselle, l'homme basané nous rouvre la porte avec le zèle d'un gamin à Noël:

- Entrez!, nous lance-t-il.

Je suis la nouvelle addition au groupe et j'entends la porte se refermer derrière moi, comme si on scellait mon tombeau. J'observe mon environnement et mes yeux tombent sur le lit. Ce dernier a une des merveilles du monde étalée sur son corps. Tout rose, si simple et si nébuleux. C'est à ce moment où je me demande ce qu'on est vraiment venu faire ici. J'ignore mes pensées et me laisse bercer par les pulsions sonores qui déboulent de son stéréo. J'observe mes deux joyeux lurons sans rien dire, et j'attends doucement la suite.

Je suis content d'avoir manqué de drogue ce soir.

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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Lun 5 Jan - 15:40


cheers, butterfly





down in the rabbit hole.



Rires sont les effluves de l'appartement sans propriétaire. Tout vacille autour du dealer qui à peine garder ses deux pieds encrés dans le sol, et qui a tout de même pensé amusant d'abuser davantage de ses drogues et ses joies. Cornelius agrippe Nunu qui vient se jeter sur lui pour ne pas se jeter sur le sol, et rit aux éclats. La femme de testostérone empeste l'alcool de son dentier immaculé, mais jamais The Cobalt n'y aurait prêté attention. Il était décollé à des lieux de là. Et des lieux. Et des lieux.

Je regarde le Lièvre de Mars qui s'est étendu sur le trône des mille et une merveilles. Il sourit. Je souris. Nunu sourit. Il n'y a plus de limite à l'extase de nos illusions. Car tout semble doux, léger et complètement nuageux.

_Bon alors Nunu tu dis ça à personne hein...

Étant sobre, Cornelius aurait douté qu'elle se serait souvenu de quoi que ce soit. Mais avec l'ecstasy dans le sang, sa peau et ses cheveux contre son bras devenaient trop suaves pour qu'il ne puisse réfléchir à quoi que ce soit.

Nunu fou sa main sur ma bouche pour me taire sans plus de séance. Je sais que c'est inutile de lui dire, qu'elle est de confiance. Et elle sait que je sais. Ses longs doigts de griffes pourpres comptes les secondes et pianotent sur mon épaule. Son regard se veut de celui de l'irrésistible. Je sais que je suis sur le point d'accepter une grande faveur. Puis, elle me demande, en murmure, si elle pourrait pas piger dans mon LSD. Me glisse en douce une quelques liasses que je devine exagérément délicieuses et j'hoche de la tête pour exaucer ses vœux. C'est magique.

Nunu s'exclame d'un cri de joie et va s'asseoir sur le lit. Je regarde le Lièvre de Mars; il se doute qu'il s'apprête à dériver trop loin pour se souvenir de sa propre existence? Je regarde la somme que la Reine de Coeu m'a donnée et prends un petit sac que j'avais sortit contenant plutôt sachet de tablettes de LSD. Je le tends à l'homme à perruque sans cesser de fixer le Lièvre. De toute façon, avec tout ce qu'il m'a donner, il a droit à la volonté. La Reine de Coeu s'esclaffe et va à la salle de bain. Sans doute ajuster son maquillage et s'enfiler une pilule ou deux.

Puis, Cornelius tendit le sac à son compagnon sur le lit. Il lui sourit d'un air complice, mesquin peut-être, mais plutôt malin, comme s'il lui tendait la main à une aventure sans fin. En vrai, il ne savait pas du tout dans quelle aventure il sautait. Dans le trou du lapin blanc, sans doute. La Reine de Coeu hurla étrangement dans la salle de bain... elle devait déjà planer.

Cornelius attendit que son Lièvre de Mars prenne une portion et se coucha à ses côtés dans le lit. Ensuite, il avala lui-même une tablette d'acide.


_C'est débile où le terrier du lapin peut nous mener. Tu trouves pas?

Comme s'il savait de quoi il parlait.

_Allez, goûte. Ça peut te faire tout sauf du mal.

Sauf du mal.

Mes muscles deviennent mous et flasques. Je m'enfonce dans le matelas comme s'il avait été de la mélasse. Autour de moi, le mur se met à se mouvoir et à prendre des teintes que je ne connaissais pas avant ce jour. C'est le paradis, et Led Zeppelin hurle since I've been loving you...



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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Mar 6 Jan - 1:52


Off with their heads


Musique thème :: Phutureprimitive - Xotica

- Bon alors Nunu tu dis ça à personne hein, j'entends mon chat basané dire à notre convive.

Le Martien masquée en Vénusienne couvre la bouche de Beau regard avec sa patte colorée. Ils s'échangent des paroles du regard, quelques murmures que je ne peux discerner et le son du papier vert qui se froisse dans les mains d'un prince. Dans le temps de le dire, Nunu se rend aux toilettes avec l'humble paquet que le dealer vient tout juste de lui remettre. J'ai une idée sur ce qu'elle compte faire.

Le dealer me tend, à mon tour, un petit sac tout aussi riche de beauté que les précédents. L'homme m'observe, toutes les lueurs du monde sont dans ses yeux, allumées par la coquette balade que l'on a emprunté, ce soir. Ses lèvres se fendent pour devenir espiègle, se transformant presque en grimace. Son allure reste, néanmoins, ingénue, sans la moindre cruauté qui surplombe notre ciel. Soudainement, j'entends un cri provenant des toilettes. Nunu, Dame à la toison colorée et au clitoris démesuré est en train de s'amuser, on dirait.

Alors, amusons-nous.

Je pige dans le sac, et le passe à Jules, qui en engloutit un direct.

- C'est débile où le terrier du lapin peut nous mener. Tu trouves pas?

Sa question brise le train de mes pensées. Je suis couché aux côtés d'un dealer que je ne connais même pas le nom dans sa chambre de motel avec un travesti junkie qui fabrique je ne sais quoi dans les toilettes et je suis sur le point de m'envoyer du LSD dans la cervelle. En effet, Beau regard, c'est foutrement débile.

- Allez, goûte. Ça peut te faire tout sauf du mal.

Je le regarde, pendant un instant accroché dans le temps. Son corps s'écrase dans le matelas usé par le poids des hommes. J'avale le petit carreau vite fait, bien fait. Je ramène mes bras derrière ma tête et j'attends. Puis, Alice et sa bande de mercenaires m'assomment. L'air est brûlant et les murs tournent autour de moi. La peinture découle de ceux-ci et vont s'abattre sur le sol vibrant de couleurs. Merde, je devrais en faire plus souvent. La chanson qui perdurait depuis quelques minutes se termine et le silence ingurgite la chambre. Nous restons comme ça, quelque temps, nos cerveaux totalement court-circuités. Une pensée envahit mon conscient, sans crier gare.

C'est beaucoup trop silencieux.

Si cette pute de vie m'a appris une chose, c'est que chaque silence n'évoque rien de bon. Je m'assois brusquement dans le lit et je me tourne vers mon compagnon. Une nausée atroce me saisit au ventre et la pièce tourne trop vite. Ma langue est trop grande pour mon bec, mais il faut que je lui parle :

- Hey..hey, dit..ça fait combien de temps qu'elle est aux toilettes ta copine ?

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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Sam 10 Jan - 19:36


cheers, butterfly





this is how you kill a queen.



Impossible à décrire, mais je sens chacun des filets de la grande toile composant la couverture du lit prépayé trop banal pour appartenir à quelqu'un sinon le maître de l'hôtel. Et la douceur est telle que je ne peux m'empêcher de sourire bêtement. Si j'ai à mourir décédé d'ici la fin de l'extase, Mademoiselle sa Princesse l'Ecstasy m'amènera au bout du Paradis que je n'aurais à me plaindre. Qu'elle heureuse sensation. Quel bien être, d'herbe fine et d'alcool à faire creuser la cervelle jusque dans les flancs. L'anatomie ne supporte pas la drogue. L'imagination la marie de lunes de miel infinies.

J'observe la musique planer dans l'air, alors que jusqu'à maintenant, mes perceptions de pauvre humain ne m'avait simplement amené à l'entendre. Avec un peu d'effort, je la goûte sur le bout de ma langue, et la renifle de son arôme de cuivre et d'écorce. Les notes ondulent en moi et me font léviter au dessus d'un lit que, pourtant, je touche encore du long de mon échine. Les frissons m'ensorcellent et m'emportent à jamais. Adieu Led Zeppelin! Adieu Reine des Coeu! Adieu Lièvre de Mars! On se revoie au Palais des tête sans corps pour le verdict! Je ferme mes yeux et mes paupières sont sveltes de desseins à me rendre charmé.

Silence. C'est étrange. J'ai l'impression que je n'arrive plus à respirer. Qu'on me presse de rien et de vide. C'est la chose la plus lourde qui existe, le vide, vous savez. Je sursaute, secoué par le matelas qui fait des vagues de marrés à faire dégueuler les plus astucieux des loups de mer. C'est le Lièvre de Mars qui s'est redressé avec précipitation et adresse. Je le regarde. Il me regarde. Et il me fait remarquer que l'endroit n'est pas silencieux. Il est très très très silencieux. Je fronce les sourcils. Ma copine? Ma cliente la plus enrichissante de billets verts et de pas mûres? Ma Nunu? Je me redresse sur mes coudes, lentement, à mon tour, en fixant la salle de bain. Pendant ce temps, il n'y a que le vinyle de la table tournante qui vrombit légèrement un pied sur aiguille qui se range à sa place; même la musique s'est terminée.

_Nunu?

Je demande, en grande question fondamentale. Ce qu'elle me répond me fait frémir, soit absolument rien.

_Nunu, réponds, c'est pas marrant.

Et ce n'est pas non plus ton genre de faire des blagues d'aussi mauvais goût. Tes blagues sont de sexes et de scatologies et d'abus de tout ce qui est bon. Et de rien d'autre. Et c'est bien ainsi.

Je regarde mon compagnon. Pas d'un air inquiet, non. Bien sûre que non. D'un air complètement terrifié, plutôt, oui. Je fais un geste du menton pour pointer, par dessus mon épaule, la porte de la salle de bain entrouverte. Le filet de lumière qui en dégage pu les troubles moraux. C'est le signe universel du Lapin Blanc qui demande au Lièvre de Mars de s'amené avec lui voir si la Reine de Coeu va bien. Car c'est en leur devoir de le faire, maintenant qu'ils sont visiblement les moins abrutis de la pièce. Et que je parle franchement sans parole; j'ai la trouille d'aller voir seul ce qu'il y a bien à trouver là.

J'ai l'impression que je ne ressens plus aucun effet de l'alcool ou de la drogue. Ou plutôt, je les ressens différemment. Mon pouls s'accélère et devient si raide qu'il en fouetterait de douleur les chevaux de Lucifer en personne. Mes membres sont trop engourdis, comme si toute l'énergie qu'il me restait avait été se fourrer dans ma nuque pour pousser l'adrénaline jusqu'au plus pénible des effort. Et je ne sais apparemment plus cligner des yeux, bien qu'ils soient rouges et secs de tout ce qu'on a put ingérer en une soirée. Les murs autour de moi bougent encore. Ou c'est moi qui vacille. Ou les deux.

Je tire le Lièvre de Mars par l'épaule de son chandail, comme si je craignais qu'il ne me suive pas, puis je me lève. Je réalise que j'ai peut-être saisit son t-shirt pour ne pas tomber en pleine face, en fait. Je m'accote à la table de chevet et me répète trois mille fois que les muscles que j'ai forgés ne peuvent m'être complètement absent à l'instant même. Quand même pas, Seigneur. J'avance lentement vers la salle de bain qui sens la lavande en canne, comme dans n'importe quel motel digne de ce nom. Arrivé, je cogne.

_Nunu. Réponds, maintenant.

Je regarde le Lièvre de Mars. Je suis effrayé, et mon visage doit le hurler jusqu'au fond de mes iris. C'est la première fois que je gère un instant aussi angoissant sous les effets de l'inimaginable. Trop de silence. Beaucoup trop. J'ouvre la porte, doucement. Aucun grincement, bien sûre.

_Et merde!

Je crie en ayant un mouvement de recul si vif que mes omoplates prennent un coup bien sonore contre le mur derrière moi. Des ecchymoses que je ne sens pas. Je suis bien trop décollé et occupé à regarder la mousse blanche qui se crache de la gueule de la dragqueen étalée sur le carrelage de la salle de bain.





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Dernière édition par Cornelius Youth le Jeu 15 Jan - 11:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Sam 10 Jan - 21:38

Rabbits on the Throne

We're entirely bonkers.



Le dealer me regarde avec le même air que porte mon visage. Il doit pas se trouver dans ce genre de situation souvent, un peu comme moi. Avec un mélange d'inquiétude et d'effroi, il appelle son amie :

- Nunu?

- Nunu, réponds, c'est pas marrant.

J'ai des sueurs froides qui m'agressent tout le long du dos. Je sais. Je sais pas pourquoi, mais je sais qu'elle ne répondra pas. Une idée intolérable s'empare de mon esprit. Ça serait pas la première personne à qui ça arriverait, après tout. Seulement, j'ai jamais pensé que je serais dans la même chambre. L'homme aux émeraudes se retournent vers moi à nouveau et cette fois, je peux goûter la terreur qui s'échappe de lui.

Ma tête tourne plus vite qu'une toupie de gamin et la sueur perle le long de mes tempes. Je suis totalement incapable d'arrêter mes mains de grelotter, comme si des tremblements de terres se cachaient dans mes paumes, l'adrénaline s'est faufilée dans mon sang, la coquine polissonne qu'elle est. Le dealer me sort de ma torpeur en pointant la porte de la salle de bain à l'aide de son menton solide.

Je n'ai pas envie de regarder. Regarder cette foutue porte signifierait que tout ça est bel et bien réel.

Il m'empoigne rudement par le blouson en tordant un carreau de peau, au passage, et je le sens à peine. Pendant un instant, j'ai envie de le repousser à l'autre bout de la pièce et me foutre par la fenêtre, mais mes muscles bougent avec lui pour nous rendre à la salle de bain. Le colonel Moutarde avec le chandelier dans la salle de bain. Putain. Arrivés aux portes des enfers, mon compagnon fait l'impensable, il cogne.

- Nunu. Réponds, maintenant.

Ça sert à rien, Beau regard et tu le sais, putain. Aucune réponse, bien sûr. La chambre est plongée dans le silence des plus meurtriers, mis à part mon cœur qui bat plus fort qu'une fanfare et ma respiration aussi profonde que l'océan. Puis, l'homme basané lève son bras, et doucement, tout doucement, pousse la porte pour nous dévoiler le spectacle le plus infâme qu'il m'est eu le déplaisir de voir. Elle est là, allongée par terre, paisiblement, comme un modèle qui attend d'être peint. Un ruisseau d'écume épais débouche de ses lèvres pulpeuses. Le dealer se jette violemment vers le mur perpendiculaire:

- Et merde!

Mon estomac décoche dans ma gorge et je dégobille partout sur la moquette. Je m'appuie sur le mur, trop glissant, trop vrai pour moi. Je m'essuie la gueule avec le revers de ma main. Vingt-six scénarios, tout aussi épouvantable les uns que les autres hantent mes pensées.

Qu'est-ce qu'on fait, maintenant ?

J'observe à nouveau la scène hollywoodienne devant moi. Une lueur, parmi les neurones décédés et l'alcool sanguin, vient m'éclaircir l'esprit. J'enlève mon blouson trempée et le jette par terre, ça n'a pas la moindre importance, en ce moment. Ma carcasse débauchée s'approche tranquillement du...corps. Il faut que je vérifie. J'enjambe la mariée cadavérique, puis, mes doigts viennent atterrir sur son cou pour chercher avidement un quelconque signe de vie.

Une euphorie ineffable explose en moi et je me retourne brutalement vers le dealer en empoignant la princesse en dessous des aisselles :

- Putain, vient m'aider, y'a un pouls.



made by BoogyLou.

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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Jeu 15 Jan - 11:00


cheers, butterfly





this is how you trap rabbits.



Désastre et marrée de nausée que Poséidon lui-même n'aurait jamais pu prévoir. L'odeur du vomit du Lièvre de Mars lui vint à l'odorat comme une cicatrice de mémoire ineffaçable. Cornelius, lui, il était figé d'effroi et puait la panique autant que la gerbe sur la moquette. C'était un cadavre, mou et frais, qui se tenait dans la poigne d'un dealer qui lui avait vendu la mort. Beaucoup trop aisément. Et autant cette sentence pouvait paraître hardi, The Cobalt avait du mal à y croire. Il priait le Bon Dieu qu'il soit en hallucinations paranoïaques. Et pourtant, il ne se sentait plus défoncé pour trois sous. Il était complètement alerte et dépassé. Parce qu'on venait de la frapper en pleine gueule.

Cornelius mit ses mains sur son visage pour étouffer sa bouche qui voulait pleurer de tout son cœur. Les larmes perlèrent ses yeux, alors qu'il tentait de s'enfoncer toujours plus dans le mur sur son dos. Trembler et grelotter, comme le plus raide des gémissements. Au creux de sa gorge, une pleure idiote qui fleurissait à chaque élan de poumons. Vraiment, cette soirée, eut été toute une idée. Une merveilleuse et effroyable idée. Le Lièvre de Mars plongea avec courage sur le corps porté de maquillage et de vomissure pour tâter un cou encore chaud. Et puis, on ne sait trop par quel miracle, mais le rongeur à chapeau trouva, quelque part entre les ossements et les nerfs sans fonction, une veine qui faisait circuler un pouls magique.


J'écarquille les yeux. Mon cœur arrête de battre, puis ma cervelle lui ordonne de pomper dix-fois plus vite, comme si c'était possible. L'adrénaline me fouette la nuque et un courant électrique m'assène violemment. Il m'ordonne de l'aider et je le fixe, immobile, derrière les quelques larmes qui strient mon visage dans l'oubli des horreurs. Pense. Pense. Pense. Faire quelque chose qui n'implique pas la police, les services de chambre ou même le putain de téléphone. Je suis emporté au loin, et si je ne meurs pas, je vais me transformer en ange. Je m'approche d'une poussée dans l'encadrement de la porte de la salle de bain que j'agrippe des deux mains pour ne pas vaciller.

_Essaie de la faire vomir. Tourne sa tête sur le côté et... Je... Je reviens...

Je me propulse alors à ne serait-ce que trois mètres plus loin dans la cuisine de la chambre. Qui est aussi mon salon et ma chambre. Ma vision est flouée, mais je ressasse tout ce que je sais d'une vive pensée. Et j'essaie par dessous tout de ne pas penser au fait que je suis sous influence de toutes sortes de drogues. Sinon je douterais. Et quand je doute, je fais l'erreur. Et je ne crois pas que l'on ai droit à une seconde chance en cette frabieuse nuit de cataclysme.

J'empoigne rapidement mon briquet dans ma poche et allume au maximum le four à gaz; une joli fleur bleue et brûlante apparaît sous le rond. Puis, je cours à ma stéréo et prends la manette qui lui va, retire les batteries, complexe méthode quand on a les doigts en charpie de convulsions, et retourne au four. Avec des pinces à cuisines, gracieuseté de l'hôtel, je fous la batterie à la flamme.

_Elle est toujours vivante?!

Je hurle d'un ton désespéré et déchiré. La fonte de la chose paraît lente. Très très lente. Des heures. Des jours. Et des siècles. Amen. En vérité, je vous le dis, au maximum, elle n'a peut-être pris que deux minutes. Mais une fois que le liquide foncé commence à couler de la batterie, je saisis une cuillère de métal du tiroir à ustensile et la glisse en dessous.

_J'arrive... Ça... Ça sera pas long...

C'est déjà long, je trouve. Autant le chaud de la plaque me brûle le bord des doigts à m'en faire hurler, autant je ne sens rien du tout. Approximativement vingt-cinq millilitres couvent mon couvert. Pour un estomac contenant entre 50 et 250 grammes d'acide et/ou autre... Ça devrait être suffisant. Du moins, je le prie de tout cœur.  

Je lance presque le contenu de la cuillère dans un petit pot de vitre, autre gracieuseté de l'hôtel, et accoure à la salle de bain. Je glisse dans le vomit du Lièvre, je maintiens au mur pour ne pas tomber et garde mes yeux rivé sur le bol dont le contenu m'est plus que précieux à l'instant. Une fois aux abords de la toilette, je m'agenouille aux côtés de Nunu et du Lièvre de Mars. La folie me fera devenir chapelier si ça continu. J'ordonne d'une fois qui transpire le stress à profusion:

_Tiens lui... Le menton je dois lui faire boire ça.

Ce que je tente de faire en retirant du bout des doigts quelques restant de reflue dans sa bouche. Non, le dédain n'a jamais été de mon être. Si il l'avait déjà été, il n'aurait pas compté en ce moment de toute façon. De force, je tente tant bien que mal de lui faire boire la mixture de carbone qui devrait lui laver l'estomac et intoxiquer son œsophage à de mineures brûlures. De ça, elle s'en remettra. De sa connerie d'avaler je ne sais pas combien de cachet en une minute, elle n'aurait pas survécu. Ça, non.

Le tout est maintenant dans son ventre. Elle a avalé. Puis, il n'y a rien. Ma poitrine est soulevée d'énormes respirations d'angoisse, puis je tapote la joue de la Reine de Coeu pour la réveiller. J'aimerais y croire. Je ne sais pas si j'y crois en vérité.

_Nunu. Nunu je t'en pris, réveille!



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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Lun 19 Jan - 21:09


The Last Head


Musique thème :: Phutureprimitive - Xotica


- Essaie de la faire vomir. Tourne sa tête sur le côté et... Je... Je reviens...

Puis, le chat basané disparaît un peu plus loin dans le terrier. Que je la fasse vomir. Comment est-ce qu'on fait vomir quelqu'un d'à peu près mort ? Autant me demander pourquoi un corbeau ressemble à un bureau. Putain. Je finis par tourner sa tête sur le côté et j'élève sa poitrine pour que l'air vienne caresser ses poumons abusés.

Une seconde et je planais. L'autre seconde et je panique. Comment c'est arrivé, tout ça ? Je ne peux que me sentir responsable. Moi, lapin fou, j'ai coupé la tête de la Reine Cockasse tombée en-dessous. Cheshire fait milles et un bruits qui résonnent comme une horloge anachronique dans toute la chambre. Qu'est-ce qu'il fabrique ? Quel éclair de génie a fendu son crâne en quatre ?    

- Elle est toujours vivante?!

Son hurlement de banshee me fait sursauter de 20 pieds dans les airs avec Blanche-Neige au bout des bras. Mes orbes désaxés se posent sur le visage de la Beauté endormie, je tasse ses boucles bigarrées sur le côté de sa tête du revers de la main. Elles tombent comme un rideau de velours sur sa joue droite. Je suis mitigé entre le désir de lui tordre la trachée pour m'avoir mis dans cette situation onirique et l'envie de la serrer contre moi en excuse pitoyable pour avoir ignoré son cri de détresse. Malgré tout, son pouls continue à se battre contre les parois de son poignet menu. Faible, et tout puissant à la fois.

Encore plus de raffut atteint mes oreilles, et le dealer m'annonce que ce ne sera pas long, qu'il s'en vient. Tant mieux, je commence à faire une crise de nerfs. Je replace l'homme imberbe dans mes bras, et mon incapacité à faire quoi que ce soit pour aider me rends fou. La colère commence à dévorer mes dernières parcelles de lucididé et je m'en prends au pauvre dealer qui est autant, sinon plus dans la merde que moi.

- Putain, mais qu'est-ce que tu fous là-dedans ?! Elle va claquer !

Je ravale mes paroles d'un trait en voyant le chat débarquer après avoir failli faire le cirque dans mon dégueulis. Il détient un récipient en verre entre ses pattes et un liquide foncé en est le contenu. Ches s'agenouille près de nous et m'offre des paroles qui détiennent le salut de Nunu.

- Tiens lui... Le menton je dois lui faire boire ça.

J'ai envie de lui poser 3000 questions, la première étant : tu veux qu'elle avale ça ? L'urgence d'agir me fait, cependant, fermer ma gueule. Ce n'est pas comme si j'avais une autre solution dans ma redingote. Mes doigts s'exécutent et ouvrent le goulot de la Reine tombée, après que l'homme ait dégagé cette bouche des restants d'écume. Dans le temps de le dire, le chat basané fait disparaître le liquide nébuleux dans la gorge de la drag.

Et...

On attends.

On attends des siècles et, rien. Absolument rien. Elle reste là, couchée.

- Nunu. Nunu je t'en pris, réveille!

Le dealer est totalement désemparée. Mon corps est complètement engloutit par la tension, j'ose à peine respirer. Et, si elle ne se réveillait pas ? Et, si la Belle aux bois dormant restait endormie ? Je l'envie, pendant une seconde. Mon pouce se fout entre mes lèvres et je me mets à mâchouiller l'ongle. C'est alors que la vie bascule à cause d'une paupière ombrée de pourpre. Un petit mouvement, exigu et dérisoire. Je lâche mon doigt, grugé à l'os. Est-ce un miracle ou une coïncidence ? Les paupières entament des mouvements de plus en plus saccadés, jusqu'à l'ouverture complète des yeux de leur propriétaire et c'est un des plus beaux moments de ma courte vie. Le soulagement est si intense qu'il en est presque sexuel.

La belle se relève péniblement sur ses coudes, puis je me laisse tombé de tout mon poids sur le carrelage laiteux des toilettes en fixant le plafond.

Je suis Alice, et je suis tombé plus bas que le terrier avec mon ami Chapelier.

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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Ven 23 Jan - 16:44


cheers, butterfly





this is how you get back in reality.



Et là Nunu s'est pas réveillé. Je soupire, mais mes cordes vocales sont tellement sensibles d'émotion que j'ai l'impression de bêler. Si terrifié, si anxieux que je me transforme en mouton. Panurge ou pas, je devrais arrêter de penser à mes sabots deux petites secondes parce que je me tiens devant un cadavre. Ma main touche la cheville de Nunu, un frôlement à peine identifiable par mes nerfs. Et pourtant, j'ai l'impression que ce contact étampe un frisson glacial dans tout mon ventre. Je tombe mollement sur mes fesses et fixe la Reine de Coeu avec un visage paralysé par les restants de d'angoisse. Quelques poussières qui ont figé mes muscles et mes traits dans une grimace qui veut dire tout. Et le Lièvre de Mars se ronge la patte jusqu'au sang. Je devrais faire pareil. Parce que maintenant... c'est fini.

Pourtant, Cornelius ne se rongea pas l'ongle, ni la main ou le bras. Il adossa son dos de mille tonnes sur l'armoire à dentifrice derrière lui et enfoui son visage dans ses paume. Parce qu'à l'instant même, il prenait conscience, avec la douceur de la violence mortelle, qu'il venait de commettre le meurtre de trois innocents: Nunu, lui-même et le jeune homme à la gueule d'ange qui n'avait même pas encore de nom.  Même pas. Vous pourriez penser le contraire, que les survivants s'en sortiraient. Mais Cornelius, lui, savait que son cousin et sa bande de gorille ne seraient pas très heureux d'apprendre qu'un membre du cartel à foutu en l'air un client. Et ils n'étaient certainement pas du genre à être timide; jamais ils ne se gêneraient pour glisser tendrement le phallus d'un Desert Eagle entre leurs dents. La dernière chose qu'il restait à faire pour les deux condamnés était probablement de demander gentiment au pointeur de l'arme inconnu d'essuyer le bout du canon pour ne pas que la rouille goûte trop sur leur palais.

Je pleure, en silence. Mais j'ai l'impression qu'il n'y a aucune larme qui sort de mes orbites. Étrangement. Je me dis que, peut-être, elles sont trop peur de la suite pour se montrer le bout du nez. Si elles savaient comment je suis détruis. Comment je me sens pourrir de l'intérieur, après simplement quinze secondes de putréfaction. Comment j'ai envie de hurler, et pleurer, et serrer le Lièvre de Mars fort dans mes bras jusqu'à la fin des temps. M'excuser. Lui demander le pardon et pleurer sur son épaule comme si elle avait été la dernière bouée de sauvetage du monde.

Un souffle. J'entends comme un souffle, puis un soupire. Et je sais qu'ils ne viennent pas de la même bouche. C'est d'instinct, c'est comme ça. On reconnait  ce genre de son parce qu'on les apprend depuis toujours. Et là, je m'accroche à l'hameçon de toute mes forces et je prie que Nunu soit toujours vivante alors qu'elle est morte. Je redresse mon visage confiture et déconfit de mes mains mortes et trouve les yeux de la Reine de Coeu qui cherche où elle se trouve. Mon cœur est alors un maïs qui éclate. C'est étrange comme on ne sait pas trop ce que la vie goûte jusqu'à ce qu'on ait les pieds en plein dans la mort.

Cornelius éclata de rire et s'exclama de quelque chose de bien trop libérateur et émotionnel pour en mettre des mots concrets. On pourrait y mettre toutefois joie, soulagement, euphorie, jouissance et paradis. Le mouton redevint Lapin Blanc. Nunu retrouva ses esprit, peu à peu, fouina pour on ne sait trop lequel de ses sens, le trouva puis s'arracha la toilette pour vomir dedans un bon coup. Autant le bruit était dégoûtant et l'odeur atroce qu'il en était une rédemption de sucre pour Cornelius qui riait toujours aux éclat. Une manière comme une autre de libérer tout le stress accumuler à t'en scier les nerfs du crâne d'un sec coup. D'ailleurs, il claqua le torse du Lièvre de Mars étendu au sol comme un homme après l'orgasme. C'était une claque amicale que Cornelius avait volé au joueur de football vainqueur après un match. Celle qui dit «bien joué, mon ami« et qui n'a aucune pudeur sinon celles des frontières de l'amitié.

_Nunu, merde! Me refais plus jamais ça! Je pensais que t'étais foutue... Seigneur! Seigneur...

Je lève les yeux au ciel en laissant l'arrière de mon crâne tomber mollement sur le meuble qui me fait dossier. Je remercie un bon coup la Sainte-Vierge et son bambin d'avoir veillé sur nous jusqu'au bout. Je remercie aussi le Professeur Gabe de m'avoir enseigné les propriété du carbone en environnement basique lors de ma première session à l'université. Tout ça. Je remercie tout ça. Et le Lièvre de Mars aussi. C'est un moment qui restera imprégné dans mes veines toute ma vie. Cette sensation. Et cette musique de vomit incessant et violent à l'arrière. On dirait presque le mouvement d'une symphonie divine.

Il y eut ce moment où Nunu se plaignit difficilement qu'elle n'arrêtait pas de dégueuler. Dans ces termes. Et Cornelius la rassura d'une voix douce lui disant que ça passerait, que c'était normal puisqu'il lui avait fait boire du carbone pure. Il lui donna aussi un sirop pour la toux en expliquant qu'elle allait avoir l'œsophage brûlé et peut-être trouvé pour quelques mois encore. Mais que au moins, elle était en vie. Cette scène dura peut-être cinq minutes, tout au plus. Puis Nunu tomba dans un sommeil rassurant, cette fois. Très lourd. Et très discret. Mais avec un va-et-vient de la poitrine qui prouvait qu'elle était en santé. Normal qu'elle tombe de fatigue après tout ce que son corps avait enduré. Cornelius la prit dans ses bras et alla la déposer sur son lit. Puis il s'écroula sur une chaise de bureau qui passait par là et soupira de tout son être.

Enfin, c'est fini.



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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Mer 4 Fév - 21:08


Leaving the Rabbit Hole


Musique thème :: The Smashing Pumpkins - Disarm

C'est si beau, si pure, si violemment euphorique, j'en deviendrais presque croyant. Le dealer encore inconnu se met à rire comme un dément sans possibilité d'arrêt. Merde, je le comprends, j'ai envie de devenir acrobate et faire des saltos arrières partout dans la chambre jusqu'à la lune. Mia Wallace est revenu du royaume d'Hadès et est maintenant parmi nous, les souffreteux. Elle me fait compétition de dégobillage et expulse âprement le contenu de son estomac dans les toilettes. Et, c'est la chose la plus sensée que j'ai vu, aujourd'hui.

L'homme me claque la peau du buste avec contentement et je n'ai même pas la force de la sentir, comme si la Nunu avait tirer la chasse, emportant son poison et mes muscles avec.

_Nunu, merde! Me refais plus jamais ça! Je pensais que t'étais foutue... Seigneur! Seigneur...

Je me rends compte à quel point le lapin blanc a été ébranlé, mais les couleurs commencent à revenir sur son visage et il se laisse basculer vers l'arrière. Je ne crois pas être capable d'oublier ce qui vient de se passer, aussi cliché que ça peut sonner. C'est insolite, surprenant, ô combien, un simple battement d'aile de papillon peut venir révolutionner une tranche de vie. Putain...qu'est-ce que j'aurais fait si le dealer n'avait pas été là ? Une vague étrange de reconnaissance s'écrase sur la berge de ma conscience en regardant l'homme bronzé. Je masse mon visage humide par le délire et j'observe le vide, un instant. On ne se rend pas compte de la présence du calme avant d'avoir traversé les eaux cruelles de la panique.

Le dealer chuchote des mots débonnaires à la malade qui abhorre ses viscères de plus belle. J'entends quelque chose comme du ''carbone pure''. Ça sonne bien Einstein ce truc là. C'est à ce moment que je me rends compte que je n'ai pas affaire à un dealer trivial. C'est un vendeur avec une histoire, un passé, une âme chimique, c'est...un homme. Il en connaît plus qu'il n'y paraît, il est peut-être aller à l'université. Université. Ce mot roule difficilement entre mes dents. Peut-être que je serais pas ici, si j'avais été à l'école des grands. Mon passager noir commence lentement à m'envelopper dans une brume neurasthénique que j'essaie désespérément de repousser.

L'homme ramasse une inerte Nunu, tombée endormie plus vite qu'un corps attaché à un rocher et débarrasse dans l'autre pièce.  Je me lève difficilement en prenant appui sur le mur éclairée de la salle de bain. La pièce ne tangue plus comme tout à l'heure, je suis totalement ou presque sobre. Aucune idée si c'est une bonne nouvelle. Je sors de la pièce en ramassant mon blouson au passage. J'aperçois la Nunu allongée comme une sirène sur le maigre matelas, puis le dealer affaissé sur un trône. J'enfile ma veste avec une lenteur extrême. L'atmoshère est aussi incomfortable que le plancher de la salle de bain. Une émotion qui m'est inconnue se faufile entre mes oreilles, je suis fabuleusement gêné. Après tout, c'est moi qui est venu mendier sucreries aux portes du chat. Je renifle et brise le silence épais en fourrant mes deux mandibules dans mes poches de chino foncé. Mon bras se meut et mon pouce vient pointer la jolie flaque que j'ai fabriqué derrière moi.

- Hum...t'inquiète...je...le...j'vais t'aider à ramasser tout ça...

Je suis si rarement sans mots...en train de balbutier comme un imbécile. Tout ça m'a vidé. Mon corps est totalement blasé de tout et rien, vide comme une église. Comment se fait-il que l'on puisse vivre une circonstance anarchique d'une ampleur monumentale avec un parfait inconnu ?

Je suis à l'entracte de notre pièce et j'attends la réplique de ma co-star.

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MessageSujet: Re: cheers, butterfly. } ft. godfrey Sam 14 Fév - 13:39


cheers, butterfly





intestin's Art.



Le vomit que j'avais oublié. Je ferme les yeux un moment, pour essayer de chercher chaque coin et racoin de ma cervelle, voir si elle n'a pas partiellement explosé en cours de route... Et le Lièvre de Mars me ramène au vomit. J'ouvre la paupière, et le juge même pas une seconde. J'avais oublié la brise de vomit dans l'air. J'avais oublié que le vomit était la nouvelle moquette de ma salle de bain, et son tapis d'entrée, par la même occasion. J'avais oublié que j'avais du vomit de Reine de Coeu sur moi. Mais le vomit est organique. Il est vivant. Et rien que de penser à cette chose que chaque humain prend pour acquis dès leur premier cri infantile, la vie, j'exalte de bonheur. Je n'irais pas jusqu'à me couler un martini de gerbe, mais l'imagine pourrait presque être belle dans ma tête.

_T'en fais pas pour ça. La femme de chambre va s'en occuper, au pire des cas...

Et il n'ajouta pas qu'il ne payait pas des sommes faramineuse pour rien, à l'hôtel du QUEENS. Ce n'était ni le moment, ni le lieu, ni l'envie d'être arrogant. Et jouer au plus gros portefeuille et au plus gros gland n'avait jamais été son crève temps, de toute façon. C'était le moment d'être misérable, humble, humain et plein de vomit. Surtout quand le fantôme de Nunu flottait toujours dans le bâillement de la porte à toilette et semblait les fixer d'un air qui susurrait «alors... je peux y aller? je suis pas mort? c'est bon? d'accord je m'en vais» et tout ce qu'un indésirable petit colporteur comprenant son désavantage pourrait réfléchir.

Je me lève et va à la stéréo. C'est terminé. Il n'y a plus rien. Ça nous laisse le temps d'écouter notre propre respiration. C'est une sonate vraiment très belle, je me rends compte, après tout ça. Mais si je dirige ma main vers la console, ce n'est pas pour ajouter du chaos dans nos ouïes mais pour saisir le paquet de clope qui hurle de se faire prendre, de se faire allumer et de se faire bouffer comme la plus sensuelle des putes. J'aime bien faire entendre que, à cet instant, le tabac dans mes poumons est un orgasmes que jamais le plus débiles et égocentriques des skinhead ne pourrait comprendre. Je saisis un phallus mortel, l'allume du briquet qui traînait dans la poche de mon jeans, et m'approche du Lièvre de Mars pour lui tendre les envieuses.

Et en même temps, Cornelius prit une bouffée gargantuesque de son pêché, jeta sa nuque vers l'arrière comme un pendu qui n'a pas lu le manuel d'instruction, et cracha des jets de boucane aussi blancs que le paradis que Nunu ne connaîtra heureusement pas cette soirée-là. C'était comme se faire masser de l'intérieure, mais c'était agréablement brûlant et douloureux. Ça rappelait la vie. Et le vomit. Non, jamais Sawyer ne s'était excusé pour la peinture expressive que ses intestins ont étalée sur le sol, sinon pas de paroles directes. Et pourtant, Cornelius commença son prochain dialogue comme suit:

_C'est moi qui devrait m'excuser. J'ai gaffé. J'était trop décollé et... j'ai enfreins à ma règle de base: jamais travailler les dimanches. Ce Bon Dieu de Seigneur était pas si con à se reposer le septième jour, hein.

Un petit rire volubile. C'était drôle de faire des blagues à cette heure d'après miracle.

_Écoute, euhm...

Je me revois. À mes quatorze ans. Pullulant de pustules au visage, et démanché d'une paires de lunettes atroce. Avec cette veste impeccable, bien rangé dans les pantalons qui dit à tout le monde qu'il y a un dégât d'eau dans mon sous-sol, et qui laisse extirper un Game Boy Color de la poche en poitrine. Je me revois même avec ces mêmes vieux bas horribles qui donnent l'impression à tout le monde que j'utilise la garde-robe de mon grand-père. Je me revois adolescent, rejet, me dégoûtant moi-même parce que je dégoûte les autres. Sans amis. Sans fraternité. Avec les mathématique comme copine et la solitude comme amante.

Je me revoie devant un inconnu, le cœur qui bat si vite que je sens que je vais dégueuler à ses pieds, comme j'avais fait la période d'avant pendant ma présentation orale qui m'angoissait bien trop. Je me revois portant le nom de «p'tit moche» ou même de «nègre qui sait pas faire du sport» et surtout de «Corneli-ass»... Je remarque que j'ai courbé le dos et j'ai croisé les bras. C'est la gêne et l'inconfort d'avoir subit l'anxiété du loser toute sa vie et de se voir confronté à elle une fois de plus. Mais cette fois, avec de la prestance. Un physique soigné. Et un cellulaire bourré de contacts. Je me ressaisis. Je me redresse. Avant, je n'avais même pas le courage de prononcer ces mots à mes potentiels amis. Maintenant, je me dis qu'après toutes ces aventures, je n'ai d'autre choix que de le faire. Le Lièvre de Mars est comme un ange qui me tend les bras. Des bras plein de vomit.

_On... On m'appelle The Cobalt, ici. C'est un surnom que... qu'on m'a donné dans le temps, parce que j'aime bien les sciences et que c'est sans doute l'élément périodique du tableau qui ressemble le plus à mon prénom...

Je me trouve maladroit et stupide. Je frotte ma tête, j'essaie de lui dire que ce n'est pas parce que j'ai été classifié tueur avec un Lièvre de Mars pendant un sporadique manque de souffle que j'ai perdu mes habilités sociales durement acquises pour autant. Quoi que...

_Mais je m'appelle Cornelius. Appelle-moi Cornelius, en fait. Ou comme tu veux, en fait. Je donne jamais mon prénom, habituellement, mais... Mais habituellement, je manque pas tuer une drag dans mes bécosses avec un étranger. Voilà.

C'était une confidence. Un secret. Faite pudiquement. À un ami.




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