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fais-moi ces promesses; | ft. harold

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MessageSujet: fais-moi ces promesses; | ft. harold Lun 10 Nov - 22:51


fais-moi ces promesses;
celles qui goûtent magnifique





le landau.



Le landau berçait Cornelius comme s'il eut été une poupée inanimée. Cela faisait quatre jours et cinq nuits qu'il n'avait touché à la paille d'un cocktail coloré ou la pilule d'un junky des temps modernes. À jeun, les cigarettes qu'il touchait en coin de demi-heure n'étaient que les seules consolations auxquelles il s'était donné droit. Parce que, en dépression, comme il devenait lourd, ce cœur vide, et comme elles allégeaient l'âme, ces drogues creuses. Il n'aurait qu'été plus encré en sa dépression, contre l'amas de ses souvenirs, s'il avait décidé prendre pause plus loin dans la ligne du temps de sa courte vie. Devenir dépendant au vide était trop facile. Il préférait, en l'occurrence, souffrir et apprendre à maintenir ses yeux ouverts et brillants de sel.

Deux heures qu'il était étalé sur son lit à écouter de la musique en fumant des clopes. Il pensait, comme il n'avait pas pensé depuis longtemps, que tout de ce qu'il avait connu lui manquait. Les rayons d'Alabama, l'école pour enfants qui crachait des rires incessants à deux pas de son ancienne maison, son professeur de chimie analytique dont les mille et une rides témoignaient des histoires aussi drôles que touchantes, les chansons qui nous font oublier et la main d'un autre sur son cœur...

Maintenant, dans ce monde de rêves et de couleurs tout semblait fade. Des fleurs de plastique qui ne fanent jamais ornaient les murs de son jardin secret. Qu'attendaient les joies et les amours, les scandales et les passions pour lui donner des ailes et l'allaiter de l'eau de jouvence tant espérée? Daltonien était devenu son cœur, et impuissante, sa cervelle, même devant les quelques pages de ses devoirs de chimie qui ne lui faisaient plus qu'éprouver de la nostalgie.

Je sais pas. Je n'sais pas quoi faire, quoi dire et quoi espéré, à dire vrai. C'est que je suis perdu et probablement inconsolable. Je serre les dents et me lève de mon lit pour m'étirer longuement, à ne plus finir, et enfin enfiler un chandail et un veston. Toilette abrégée dans laquelle je me rince le visage, me blanchit les dents, dépose mes énormes lunettes pour mettre mes lentilles... Mais n'ose regarder mon reflet dans le miroir et je quitte ma chambre d'hôtel à l'insigne 1409, la clef ainsi que deux cent dollars en liasse dans ma poche. Je ne sais où va me diriger cette soirée, mais mes pas, eux, me conduisent vers l'alcool. C'est un instinct.

Le dealer mit pas plus de dix minutes à entrer dans le club – question de connaître le doorman et savoir lui laisser un joli pourboire – puis il escalada les escaliers qui allaient l'éloigner le plus rapidement possible de terre à terre pensées. D'autant plus qu'il est plus facile de se jeter d'une fenêtre quand elle est loin du rez-de-chaussé, non? Des mains le frôlèrent, des voix le quêtèrent. The Cobalt avait déjà sa réputation bien apprécié au sein des habitués de la place. Et Cornelius leur répondait des gestes de main, des galanterie et des sourires qui ne valent rien pour celui qui les ressentent. Et, enfin, dans un souffle de soulagement, il atterrit au bar du deuxième.

Il est heureusement trop tôt pour que le bar soit populaire. Y'a un duo de ce que l'on devine des amis à une table à ma droite... Puis un couple qui fait mal à voir, jalousie écarlate, qui s'échange des baisers sur un divan plus loin... Quelques autres solitaires qui ne tarderaient probablement pas à partir... Et un homme, seul, qui me fixe, la serviette sur l'épaule et le sourire d'un vendeur de voitures sous la moustache. Probablement l'ami qui m'attendait, et toutes ses copines en verre qu'il allait me servir à renifler. Je me dirige vers ce barman en essayant de ne pas m'effondre sous son regard qui me rappelle combien je suis solitaire cette soirée...

Cornelius prit place paresseusement sur le haut tabouret et appuya lourdement ses coudes sur le comptoir en laissant ses mains glisser sur ses cheveux. Il prenait bien soin de s'enterrer.

_Ça sera, M'sieur?

_N'importe quoi qui fasse oublier? demanda Cornelius avec un sourire sarcastique sur les lèvres.

_Tout de suite, Monsieur, renchérit le serveur d'un air complice et impeccablement poli.

Je soupire en trouvant je ne sais trop quel intérêt au nœud dans le bois du comptoir juste sous mon nez. Il n'en faut pas plus de 10 secondes pour qu'un bourbon en glace soit déposé comme éternelle mariée à ma droite. Je hausse les sourcils, un peu surpris par l'ambition du serveur, puis tente d'explorer la mienne; je prends le verre et le boit cul-sec. Visage de terreur. Puis je le dépose sur le sous verre devant moi. Brûlure à l'œsophage qui s'estompe aussi vite que mes regrets. La soirée me promet des longueur, et je suis bien trop gentil pour savoir assassiner le temps.



©BOOGYLOU.

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MessageSujet: Re: fais-moi ces promesses; | ft. harold Mar 11 Nov - 3:36


Cornélius & Harold

"Bon alors tu n'oublies pas gamin...d'abord tu approches ce milieu en douceur et ensuite, tu passes à l'action, le plus important c'est que tu te fondes dans le décor." Gamin...non mais franchement. D'accord, j'ai 24 ans et cela fait de moi le plus jeune employé de la D.E.A, mais ce n'est pas une raison pour m'affubler de ce surnom. Bref, celui qui vient de me dire cette phrase, c'est mon chef, il a tenu à me téléphoner avant ma première soirée d'investigation. Pour l'instant je suis encore à l'hôtel où j'ai une chambre réservée par les bons soins de mon patron. Cela fait environ deux jours que je suis arrivé et je vais déjà débuter ma mission. Je dois mener une enquête discrètement dans le milieu de la nuit et plus particulièrement dans un club qui s'appelle le QUEENS. Je recherche un dealer qui appartiendrait au cartel sur lequel j'ai bossé pendant presque cinq ans, celui d'Alabama. J'adore mon métier, mais bon sang, ce que je peux détester les night-club. Il va pourtant falloir que je me fonde dans la masse, que je prétende être dans mon élément. Heureusement, je suis bon acteur.

Après avoir terminé une douche pour me rafraîchir un peu, j'enfile un jean serré et un t-shirt blanc puis je mets ma veste en cuir. Je me regarde une dernière fois dans le miroir. Oui, j'ai un look correcte. Je m'apprêtais à sortir lorsque mon téléphone vibre, je regarde distraitement le message reçu, devinant de qui il pouvait provenir, puis après l'avoir lu, je l'efface sans y répondre, c'était mon ex, qui me suppliait encore une fois de lui pardonner de s'être envoyé en l'air avec un parfait inconnu dans notre lit. J'ai un défaut, je suis rancunier, surtout pour ces choses-là. Une fois que j'ai mis un terme à une relation, je ne reviens jamais sur ce que j'ai dit, il peut envoyer tous les messages qu'il veut, il se fatiguera bien avant moi. Je reçois un deuxième message, mais cette fois-ci, il est de mon meilleur ami qui me recommande encore une très grande prudence. Il sait le métier que je fais, il sait que je suis sur une mission, mais il ne sait pas exactement en quoi elle consiste. Il est très protecteur avec moi, autant que je le suis avec lui. C'est après la mort de son frère des suites d'une overdose que j'ai décidé de faire ce métier. Mon meilleur ami est comme un frère pour moi, je voulais donc que le sien soit vengé et croyez-moi...je m'y emploi très sérieusement.

Après avoir répondu quelque chose comme "oui maman" à mon meilleur ami, je sors enfin de ma chambre et je marche en direction du club. Il n'est qu'à trois pas de l'hôtel, donc je ne risque pas de me perdre. Enfin trois pas...c'est exagéré, mais disons qu'il n'est pas loin. Arrivé devant la porte, je constate qu'il y a un videur, en même temps, cela ne m'étonne pas. Heureusement, il ne fait pas de difficulté pour me laisser passer, je dois avoir une tête qui lui revient bien. J'avance parmi les gens, il n'est pas encore très tard, mais il y a quand même déjà du monde. Evidemment, je ne connais personne et personne ne me connaît, ce qui n'empêchent pas certains gars de me regarder avec convoitise. Je leur adresse un petit sourire charmeur. Bah quoi...je ne fais rien de mal. J'emprunte des escaliers sans vraiment savoir où ils menaient, j'étais en phase "visite des lieux". Il s'avère que ces marches conduisaient vers le bar. Très bonne idée, j'avais un peu soif. Je parcours l'endroit du regard et j'aperçois un type au comptoir, je le vois descendre un verre de whisky comme si c'était un verre de lait. J'hausse un sourcil puis je décide d'être sociable. Je m'approche du comptoir où je ne laisse pas le serveur parler et commande déjà ce que je veux.

- Une vodka s'il vous plaît.

Puis je m'adresse à l'homme à côté de moi qui semble porter toute la misère du monde sur ses épaules. Je désigne son verre vide d'un geste de la tête.

- Je vous offre son frère ?

Mes parents m'ont toujours dit qu'il était de bon ton de se présenter quand on voyait quelqu'un pour la première fois. Alors que je m'apprêtais à le faire, je plongeais mon regard dans celui de l'inconnu pour la première fois et j'étais...soufflé, oui, c'était ça. Ses yeux étaient réellement magnifiques. Je me repris et esquissais un sourire.

- A propos, je m'appelle Harold.

Je suis en infiltration, certes, mais j'ai le droit de dire mon vrai nom, la seule chose que je n'ai pas le droit de dire, c'est évidemment mon métier. J'ai déjà trouvé ce que j'allais dire si on me demandait ce que je faisais dans la vie.


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MessageSujet: Re: fais-moi ces promesses; | ft. harold Mer 12 Nov - 17:52


fais-moi ces promesses;
celles qui goûtent magnifique





les anges.



L'alcool gargouillait toujours dans sa gorge qui savait toutefois resté asséchée par on ne sait quelles circonstances. C'était un balayage d'idées partielles, comme si une lapée ou deux de whisky était suffisant pour faire fondre la raison. L'acide de la nuit et des peines. Cornelius soupira, pour la mille et unième fois, comme si l'originalité était son némésis ce soir là, et souhaita de tout cœur ne plus se rappeler du de cet instant le lendemain au matin. Quand il ouvrirait encore ses paupières sur le mur de crème et qu'il irait encore vendre ce qui détruit pour économiser et attendre qu'on lui promette quelque chose de mieux dans ce coin de pays qui lui manquait tant.

_Une vodka s'il vous plaît.

C'est un mec qui me tire de mes pensées et qui s'installe à côté de moi avec la foi au ventre, lui aussi, apparemment. Je tâche de l'ignorer le plus possible pour resté enterrer dans mon coin, mais il m'adresse parole. Ou je suppose qu'il me donne sa voix. Alors je relève le menton pour lui prêter mon œil. Mon cœur s'arrête.

Il est magnifique. Tout simplement sublime. La créations des anges, sur un visage fin et manié de l'esquisse d'un sourire comme la Grèce Antique aurait put l'inventer. Je redresse les épaules, un peu, comme s'il aurait été d'une honte d'observer le velours de ses joues d'un air si nonchalant. Mes lèvres s'étirent en coin d'un sourire niais et timide. J'aurais rougit si mon teint basané m'en aurait donné les pigments.

Cornelius fut happée par la question concernant le breuvage et accepta volontiers en hochant de la tête. Naze, complètement naze, il se trouvait, devant la huitième merveilles du monde et le regard d'une finesse sans pareil qu'il n'avait pas ressentit depuis des millions d'années. Depuis 23h37 quatre ans passés. Piteux état dans lequel ils se trouvait, à tenter de jongler sur quelques chances que Dieu lui tendait avec grâce... Le jeune homme se présenta sous le nom de Harold. Et Cornelius trouva que sa diction maniait sa bouche avec des lèvres à croquer.

À mon tour de me présenter, je suppose. Habituellement, je donnerais mon surnom comme excuse à ne pas avoir les deux pieds dans la réalité. Mais devant lui, pour des raisons de charme, je suis enclin à lui donner la vérité toute simple et pure. L'élan du cœur, c'est tout.

_Cornelius. Enchanté.

Des formalités qui n'auraient peut-être pas leur place. Cornelius l'ignorait. Le barman qui avait suivit la discussion de nos achats du bout de l'ouïe servit deux verres de fortes intentions. La glace tintait comme elle annonce les merveilleux présages, et Cornelius sourit bêtement, en regardant attentivement ce Harold. Il pensa à Laurence. Il n'y pensa plus.

Qu'est-ce que je me demande du plus profond de mes tripes est qu'est-ce que ce revirement de situation inattendu de la sorte? Moi qui broyais du noir à maintenant des chenilles à l'estomac. Je n'ose mettre mes lèvres dans mon breuvage dans l'immédiat. J'attends qu'il réponde à mon avidité, et bonnement, je dicte:

_Tu offres souvent des verres à des étrangers de la sorte?

À savoir ses intentions et ce qui m'attend? Bien certainement. J'aime rêver. J'aime espérer de tout ce qui est beau. Mon regard se fait curieux, toujours doux:

_Qu'est-ce qui t'amène ici?

Ne me réponds pas que c'est la mélancolie. Sinon, je ne peux rien pour toi, mon mignon...




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MessageSujet: Re: fais-moi ces promesses; | ft. harold Jeu 13 Nov - 14:13


Cornélius & Harold

Si j'étais quelqu'un de réellement sérieux, j'arrêterais là cette ébauche de conversation et je me remettrais sérieusement à mon enquête, seulement voilà, je venais d'arriver en ville et dans ce bar et, même si je n'aimais pas spécialement ce genre d'endroit, j'avais envie de me détendre, de lier connaissance avec quelqu'un d'intéressant et ce type au comptoir semblait l'être. Apparement, étant donné sa posture et l'expression de son visage, il n'était pas dans un bon jour. Peut-être arriverais-je à le distraire un peu. Je commandais donc ma boisson et lui proposait de lui payer un verre. Il accepta et je fis donc signe au serveur de lui remettre la même chose. Tandis que nous attendions nos boissons, je ne pouvais m'empêcher de dévisager mon compagnon d'un soir, il était vraiment très agréable à regarder comme on dit et je ne m'en privais pas. Le sourire timide qu'il affichait à l'instant était vraiment adorable.

Il se présenta à son tour. Il s'appelait donc Cornélius. C'était un prénom assez rare, tout du moins pour moi. J'hochais la tête en souriant.

- Moi de même Cornélius.

Le serveur nous amena nos consommations. Je pris mon verre et le levais en direction de Cornélius pour un toast silencieux puis je pris quelques petites gorgées du breuvage. J'avais de la chance, je tenais assez bien l'alcool. Oh bien sûr ce n'était pas à force d'entraînement, mais je ne sais pas, j'avais toujours eu cette "capacité". Il n'y a là aucune matière à être fier de quoi que ce soit, mais cela peu tout de même servir. J'eus un petit rire amusé lorsqu'il me demanda si j'offrais souvent des verres à des étrangers. Je le regardais un instant en esquissant un sourire puis me décidais à répondre.

- Non, simplement à ceux qui semblent intéressants.

Ensuite il me demanda ce qui m'amenait ici. C'était une question banale et qui amenait une réponse simple, enfin en théorie, mais je devais faire attention à ce que j'allais dire, je ne devais évidement pas dévoiler les vraies raisons de ma présence en ces lieux, sinon cela ne s'appelerait plus de "l'infiltration".

- Une envie de changement, tout simplement. J'en avais assez de la routine dans laquelle s'enlisait ma vie, alors j'ai plaqué tout ce que je faisais et je suis parti. Oui parce que je ne suis pas originaire d'ici, je viens de l'Alabama, je tenais une petite librairie, cela marchait assez bien, mais je n'avais plus la même passion pour ce métier qu'au début, alors j'ai décidé de partir, de changer de vie. J'ai fais mes bagages et j'ai sauté dans ma voiture. J'ai roulé sans m'arrêter et sans me retourner...et me voilà. Cela fait deux jours que je suis en ville.

Je me tournais complètement vers lui, me noyant dans la douceur de son regard. Je buvais un peu de ma boisson, de très petites gorgées pour faire durer le plaisir.

- Et toi ? Pourquoi sembles-tu porter toute la misère du monde sur tes épaules ? Tu sais, il paraît que je suis plutôt doué pour écouter les gens et les réconforter, alors si le coeur t'en dit, n'hésites pas.


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MessageSujet: Re: fais-moi ces promesses; | ft. harold Jeu 13 Nov - 23:45


fais-moi ces promesses;
celles qui goûtent magnifique





le papier peint.



Harold rit comme le tintement d'une clochette à l'invitation de tous les souhaits. Et si ce dont du ciel avait le minois d'un joyaux, il avait la parole d'un scalde. Fin et persuasif. Toujours aussi agréable à entendre. Cornelius accompagna son rire du sien qui était chargé de légèreté, tout bonnement. Timide et apaisant à la fois. Il riait non pas d'esclaffe comme ces soirées à se noyer les poumons dans les vapes de Mary Jane. Plutôt comme la joie de quelqu'un libérée, enfin, qui avait croupit au fond d'une cage thoracique pendant des millénaires. Cornelius pensa que le tout était plus qu'agréable. Que le jeune homme à côté de lui savait vider le noir de ses esprits et lui donner un battement frêle et fébrile au myocarde; celui des jeunes amoureux.

Je l'écoute répondre à ma question fatale et braque mon œil sur lui dont je pourrais boire les paroles des heures durant, bien plus que l'affable vodka qui traîne sous mon nez. Et ce qui me frappe au visage est la prononciation de mon état d'avance. Étincelle dans mon regard, et sourire de gamin dressant mes lèvres... qui ne dure que peu puisqu'autant elle me rappelle le bonheur qu'elle me martyrise à m'en faire sentir beaucoup trop loin. Mais avec lui, au moins, j'ai un coin du pays qui me suit. C'est réconfortant. Et beaucoup mieux que le papier peint de ma chambre. Ce papier peint n'a rien d'Alabama.

Je remarque aussi qu'il eut tenu une librairie, ce qui ne fait qu'accentuer mon intérêt. Suis-je flatté d'avoir attiré l'attention de ce garçon? Complètement. Et à l'instant, j'aimerais lui établir ma théorie sur les poèmes mathématiques de Jacob Bronowski, lui avouer combien j'eus dévoré les bouquins de Star Wars à mon adolescence... Mais je crains que ce ne soit le genre de conversation qu'un Harold en quête de nouveau veuille chercher en ce bar de lumières tamisées. Puis j'ai appris qu'il est bien de garder quelques secrets pour soi pour ne pas être classifié parmi les rejetés.

Los Angeles est une ville porteuse de bien des promesses lorsqu'on souhaite le changement et la vie à fond. Harold avait fait bon choix, dans son histoire affublée de belles fables. D'ailleurs, Cornelius les crut toute sans aucune exception. Pourquoi aurait-il douté de toute façon?

_Et bien... Bienvenue à Los Angeles, conclut Cornelius à son histoire adorable en trempant ses lèvres dans son alcool. En gardant son œil dans le sien. Toujours. Hypnotique berceuse.

Puis il me retourne la question. Je brise le regard que l'on s'échange. Coeur-d'or me propose de lui faire part de mes sentiments, ce que je n'ai jamais fait avec quiconque ici. Et pourtant, je me sens entre bonnes mains avec Harold. Pourquoi? Aucune idée. Peut-être est-ce la brise d'Alabama qu'il traîne avec lui... Alors pourquoi hésite-je?

Parce que je ne sais que dire. Tout est trop creux, trop loin et trop dense. Et ce qui me vient en tête, la première chose, quand je pense à ma douleur, est le visage Laurence. Fantôme du passé qui avait la même bonté de cœur que Harold, la même franchise. Les mêmes mains, les mêmes prunelles et... J'en deviendrais fou à continuer à y penser. Alors je me lance:

_Disons que... je me plais pas ici... Pas vraiment. En fait pas du tout.

Il fit un rire ironique en regardant les glaçons qu'il faisait danser en valse somptueuse dans leur liquide incolore.

_Je travaille ici en tant que serveur pour dépanner un mec de ma famille... Je crois pas rester ici longtemps. Ça me dépanne pour payer mes études en chimie analytique... Rien de plus.

La méthode qui était conseillé pour mentir était de se coller à la vérité ou d'énumérer que des mensonges blancs. Ce qu'il venait de faire. Quoi de tout ce qu'il venait de dire était faux? Certainement, son travail ne constitait pas à servir les gens comme on pourrait le croire. Mais il dépannait sans mal son cousin et comptait prendre la poudre d'escampette et retourner à l'université une fois ses coups de ventes achevés au QUEEN'S. Il prit seconde gorgée de son verre pour s'éclaircir les idées. Réfléchir un moment avant de commencer, d'un ton plus doux encore:

_C'est une coïncidence vraiment étrange, mais... Ces temps-ci, je pense à... à quelqu'un que j'ai connu qui me tenait beaucoup à coeur... et qui vivait à Alabama... Justement...

Remuant sa tête, sans trop croire la coïncidence frappante encore. Et s'arrêtant pour ne pas emmerder un compagnon de bonne fortune des peines d'amour de loin terminée. C'était du passé. Et du passé n'était en rien bon pour l'avenir. Puis il décrocha ses iris de l'alcool et les planta dans ceux de Harold. Lui souriant plus tendrement que la plume des vents.

_Je suis content de faire ta connaissance, Harold.




©BOOGYLOU.

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